mardi 25 septembre 2018

Instagrasme

La fabrique de mots : l'instagrasme




L'instagrasme consiste à publier sur réseaux sociaux une tranche de vie, une photo ou une séquence vidéo très courte, accompagnée généralement d'un texte bref et de mots clefs, dans le but de plaire et de présenter au monde une image rêvée de soi-même, une version améliorée, un super-moi.

On dira de Untel qu'il a eu un instagrasme.

Cette action renforce l'estime de soi, procure du plaisir et donc de l'accoutumance chez celui qui émet un instagrasme après l'autre. A l'identique, le récepteur de l'instagrasme peut lui aussi ressentir une forme de plaisir et d'addiction,  par un mécanisme de transfert, car l'image de l'autre devient alors une version fantasmée de soi-même.

Bien sûr, l'instagrasme n'est pas toujours un phénomène inconscient, il devient souvent instrument marketing, le coup de pub dans l'océan des réseaux sociaux. L'instagrameur se prostitue. Est-ce à dire que ses instagrasmes sont simulés ? Nul doute que des chercheurs se penchent déjà sur cette question.

De nombreux produits dérivés surfent sur cette vague de l'instagrasme, la go-pro que l'on colle à l'avant de sa planche, ou bien au bout d'une perche, en sont une illustration.

Le surf est le véhicule du rêve par excellence. Il se prête fort bien aux instagrasmes et à toutes formes de récupération, notamment publicitaires et électorales : le surf rend cool, le surf rend écolo, le surf rend beau et ça, l'homme politique du bord de mer, aussi conservateur soit-il, l'a très bien compris !  

vendredi 14 septembre 2018

Trim Line

Lexique surf : la Trim Line

 



Il s'agit d'une ligne imaginaire dans la face de la vague qui correspond à la trajectoire idéale du surfer voulant exploiter le potentiel cinétique de la vague : cet endroit placé sous la lèvre au niveau du tiers supérieur de la vague lui permet de conserver un maximum de vitesse, sans besoin d'avoir d'autre action motrice qu'un minimum de poids sur la jambe avant. C'est le point de la vague qui offre le plus de vélocité.

C'est la trajectoire du surfer dans le tube ou encore celle du longboarder placé sur l'avant de sa planche (hang five). C'est autour de cette ligne invisible que le surfer va constamment évoluer en exécutant des descentes et des remontées dans le creux de la vague.

Ainsi, un surfeur qui reste dans le tiers inférieur de la vague finira invariablement par ralentir et se laisser rattraper par le déferlement, perdant ainsi la vague. Sauf s'il s'agit d'une manœuvre de freinage volontaire pour se placer dans le tube.


mercredi 12 septembre 2018

Jésus

Lexique surf : le Jésus


Désigne le pratiquant de SUP ou la pratique du Stand Up Paddle. Exemple : "faire du Jésus".

Entre deux vagues ou vu de loin, le pratiquant de SUP semble marcher sur l'eau, ce qui lui vaut ce surnom.

De prime abord, le SUP peut sembler plus accessible que le surf : en effet, disparaît la difficulté de se lever dans une vague creuse puisque le Jésus est déjà debout. La flottabilité hors norme de son engin lui permet en outre de démarrer de plus loin, alors que la vague est encore relativement plane.

Néanmoins, sans un minimum de connaissance du milieu (placement et lecture des vagues), le Jésus devient un fléau biblique qui s'abat sur le petit peuple des vagues. En effet, le volume, le poids et l'inertie du SUP empêchent le Jésus de se mouvoir rapidement au milieu des vagues et s'il n'a pas la maîtrise parfaite de son engin, ce dernier peut blesser fatalement quelqu'un placé malgré lui sur sa trajectoire.

Il est donc recommandé de s'entraîner d'abord sur plan d'eau calme avant de s'essayer dans les vagues, et ce pour des raisons de sécurité. Pour observer les oiseaux, par ailleurs, la station debout est top. Les champions de Stand Up Paddle étaient déjà de très bon surfeurs avant de passer au Jésus.

On pourrait croire que de nombreux Christian Surfers sont séduits par le Jésus mais il n'en est rien. En effet, les chrétiens considèrent les pratiquants de SUP comme de faux prophètes, qui abusent les croyants en faisant démonstration de prouesses surnaturelles (marcher sur l'eau avec une pagaie). Extrait des Écritures Saintes : Car il s'élèvera de faux christs et de faux prophètes, qui feront de grands prodiges et des miracles, pour séduire même les élus, s'il était possible.






samedi 1 septembre 2018

Poussette or not poussette

De l'usage de la "poussette" dans l'apprentissage du surf

Il y a bien longtemps, alors que je voyageais en Nouvelle-Zélande, je donnai quelques leçons pour une école de surf de Gisborne. Les cours se déroulaient de cette façon : on remettait à chaque débutant un pain de wax, pour qu'il en tartine sa planche. Ensuite, le cours était ponctué des encouragements quasi-extatiques de Franck - "wonderfull, soo beautifull, hoaouuu" - et il ne me semblait pas qu'il y eut grande variété de conseils entre ces deux moments clef, mais bon, il est vrai que je ne maîtrisais en ce temps pas très bien l'anglais.

Un jour, un autre professeur nous assista et j'eus la charge d'un de ses anciens élèves, un jeune garçon capable de réaliser des take-off rapides et de conserver son équilibre fort dignement ... mais incapable de prendre une vague ! Pourquoi ? A force, depuis ses débuts, d'être poussé sur chaque vague, séance après séance, il était incapable par ses propres moyens d'en attraper une seule, je me retrouvai donc en face d'une chose à peine moins inerte qu'un bois flotté, comme privée de bras. J'étais pour le moins incrédule ! C'est ainsi que je découvris pour la première fois les effets pervers de la "poussette".

La poussette est pourtant un outil pédagogique intéressant : il s'agit de pousser le surfeur dans la vague, ce dernier n'a besoin ni de ramer ni de lire la vague, il lui suffit alors de se lever. Cette méthode est bien sûr très utile, en particulier avec les enfants, mais aussi avec les adultes débutants, pour les mettre en situation de réussite immédiate.

Néanmoins, la poussette est, selon moi, à utiliser avec parcimonie. En effet, elle ne doit pas se substituer à l'apprentissage de la rame, du timing avec la vague, de la lecture de l'océan. Sinon, le débutant restera toujours débutant et ne possèdera aucune autonomie. Il est quand même beaucoup plus gratifiant, au bout d'un certain temps de pratique, d'attraper une vague tout seul que d'être tout le temps assisté.

Rappelons que "surfer" signifie "glisser sur une vague" et que dans la chronologie de l'apprentissage,  la prise de vague vient avant l'acquisition du take-off. Les poissons, les nageurs et même certains volatiles attrapent des vagues, alors un surfeur qui ne rame pas, no way !!



vendredi 31 août 2018

Take-off

Lexique surf : le take-off




Le débutant a tendance à penser que le take-off est la première technique qu'il lui faudra apprendre. En effet, surfer consiste à longer la vague, debout sur sa planche, le surfeur doit donc réussir à passer de la position allongée à la position debout, pieds sur la planche. Le take-off est ce moment, relativement court, du redressement du surfeur sur sa planche.

Toutefois, pour pouvoir réaliser son take-off, le débutant a besoin de quelques notions élémentaires de glisse : en effet, le but du surfeur est initialement d'attraper une vague pour se faire porter vers le rivage. Il n'est pas nécessaire pour cela d'être debout, le bodysurfeur glisse avec comme support son propre corps, le bodyboardeur reste le plus souvent allongé et dans de nombreux pays, les pêcheurs sur leurs embarcations utilisent les vagues pour rentrer au port, il existe donc différentes formes de surf.

Généralement, le débutant apprend à glisser allongé, équilibré sur sa planche, dans la mousse ou des vagues très peu pentues, avant de se mettre debout. Progressivement, il va s'attaquer aux vagues. Le take-off en haut de vague est bien sûr beaucoup plus technique, pour plusieurs raisons :

  • Contrairement à la mousse qui roule uniformément vers le rivage, la vague doit être prise au bon moment au bon endroit. Or, sauf piscine à vague, chaque vague déferle à un endroit différent, selon sa taille, sa vitesse de propagation, son orientation, les variations de la marée et le surfeur doit alors adapter son rythme de rame à celui de la vague pour s'engager dans la pente de la vague. Trop près du bord, trop en avance, c'est le wipe-out, le surfer chute dans le vide car la vague est devenue trop creuse et il pique du nez avant d'avoir pu réaliser son take-off. S'il se met en mouvement trop tard, manque de vitesse et qu'il essaie de se lever trop tôt, alors que la vague n'est pas suffisamment pentue,  il coule et voit la vague continuer sans lui vers le bord.
  • Ainsi, le placement et le timing sont essentiels pour réussir un take-off, mais également sa rapidité d'exécution : take-off tardif en bas de vague, le nez de la planche plonge sous l'eau, c'est la chute. Plus la vague est creuse, plus la planche arrive vite au bas de la vague, ce qui impose au surfeur un redressement rapide et dynamique.
  • La qualité des appuis est essentielle également dans la réussite du take-off : en effet, des pieds placés trop en arrière vont occasionner un déséquilibre propice à chuter vers l'arrière, de même qu'un freinage de la planche qui va dangereusement rester bloquée en sommet de vague. Mais il ne suffit pas de poser ses pieds correctement sur sa planche, encore faut-il plier les jambes pour que la planche puisse dévaler la pente. Pour longer la vague, le surfeur cherche effectivement à s'éloigner du déferlement et de la zone d'impact initiale de la vague avec la surface de l'eau.
Brûler les étapes de l'apprentissage (technique et lecture de l'océan), conduit généralement à l'échec dans la réalisation du take-off, cette figure n'étant pas l'étape la plus évidente de l'apprentissage. Aussi, je ne saurais que fortement conseiller de prendre quelques cours de surf pour acquérir certaines bases, sans lesquelles il est impossible de réaliser un take-off, qui emprunte au vocabulaire de l'aviation et signifie initialement : décollage. Car il s'agit bien d'un décollage dans la vague et au delà, vers les sensations incroyables que chacune des étapes de l'apprentissage du surf vont procurer.

mercredi 29 août 2018

Bocal

Lexique surf : le Bocal 


Le Bocal est une contraction de l'expression "local du bac à sable".

On distingue le "bocal" du "local" du spot.

Le local n'attend rien d'autre des non locaux qu'une certaine forme de respect, concernant les règles de priorité et de convivialité du surf. Les véritables locaux ne perdent pas leur temps à le crier sur tous les toits, cela aurait quelque chose d'un peu futile, ils considèrent sans doute que dans la vie, il y a des choses plus importantes. Ce serait comme de passer sa journée à déclarer - "Maman, merci de m'avoir pondu près du spot", ou encore "Papa, merci d'avoir déménagé à la plage" - ce qui n'est, somme toute, pas très viril.

Le "bocal" est un individu qui vibre d'être local, bien que ce statut soit souvent contestable, et qui revendique en tant que tel des droits sur un spot de surf. Bien sûr, pour contrebalancer, il faudrait des devoirs : pédagogie à l'égard des comportements dangereux, instruction des plus jeunes aux dangers de l'océan, assistance à personnes en danger, etc. Malheureusement, cet altruisme est souvent tellement égocentré qu'il dérive en vociférations sur le surfeur inconnu, revendication de la priorité sur toutes les vagues, manifestations d'agressivité, jalousie à l'égard de ceux qui vivent de l'activité surf et enseignement aux plus jeunes d'une forme de chauvinisme et d'un mépris des surfeurs considérés comme non locaux.

En outre, le bocal renvoie aux bocaux de confiture de mamie, il y a là l'évocation du redneck australien, qui pourrait se traduire par "crétin de l'arrière pays". Le bocal est également le réceptacle de toutes les fermentations, ces petites frustrations du quotidien qui trouvent leur exutoire dans le rejet de l'autre, la volonté de se créer une identité de surfeur du cru dépositaire du statut de local, tel le bernacle accroché à son rocher.

Souvent, le bocal s'accommode très bien de certaines contradictions : par exemple, il se déclare dépositaire d'une pureté issue d'un prétendu âge d'or du surf, rejette les apports économiques du développement du surf et de son corolaire, le tourisme, mais dans un même temps, il n'hésite pas à se lancer à corps perdu dans le business du surf si l'occasion se présente à lui ! Ou à devenir touriste à son tour en voyageant à l'étranger, notamment par le biais de ces boat trips qui promettent des vagues parfaites sans contact avec l'autochtone.

En effet, les gourous ne sont pas légion qui ne succombent eux aussi aux attraits de la société de consommation. Ainsi, le bocal consomme des vagues qu'il entend vainement garder pour lui seul.

Le bocal a quand même une utilité : en effet, certains caractères ne sont capables de civilité que s'ils ressentent la peur du bâton. Aussi, le hot local, même s'il n'est qu'un mythe, sert du moins à tempérer certains comportements irrespectueux et sans gène.

C'est comme avec les moustiques, on a tendance de prime à bord à les considérer comme nuisibles, alors qu'ils participent d'un équilibre de l'écosystème. Bon, je n'ai encore jamais vu un poisson gober un bocal, mais les bienfaits doivent se situer à un tout autre niveau.

Il existe aussi des variations dans le localisme : on distingue en effet le hot local sur un spot dangereux et mythique tel que Pipeline, du local qui jouerait les shérifs sur un beach break français inoffensif, donnant alors tout son sens à l'expression de "local du bac à sable".




lundi 27 août 2018

Wipe-out

Lexique surf : le wipe-out

 

Qu'est-ce qu'un wipe-out en surf ?

Faire un wipe-out a comme équivalent les expressions suivantes, en langue française :

"Se tôler, prendre une boîte, bouffer"... Toutefois, cela désigne le plus souvent une chute au moment très particulier de la prise de vague, celui du take-off, lorsque le surfeur se met debout. Instant fragile qui se solde par une chute ou par une prise de vague, selon le niveau du surfeur et la difficulté des vagues.

La zone où la vague se brise en premier est la zone qui concentre le plus d'énergie. C'est également l'endroit où le surfeur qui veut exploiter la vague au maximum de ses potentialités va démarrer. Il va alors sans dire que s'il rate son départ et chute en bas de vague, il expérimentera derechef une version grandeur nature de la machine à laver.

Dans des vagues de taille moyenne, ces chutes sont de peu de conséquence et le surfeur s'y accoutume très vite, comme un passage obligé de l'apprentissage. Il émerge de l'eau et recommence, tel le labrador s'ébroue en sortant de l'eau. Une personne à l'aise dans l'élément aquatique peut même trouver un certain amusement à se faire promener dans l'eau en tous sens. Le surfeur préfère néanmoins longer la vague, c'est tout de même son objectif.

C'est dans des vagues fortes que le wipe-out prend tout son sens : la vitesse fait que la surface de l'eau devient dure à l'impact et la puissance de la vague se joue alors du surfeur comme d'un pantin avant de le recracher quelques mètres plus loin. Toutefois, le surfeur qui garde son calme émerge de l'eau au bout de quelques secondes, sans s'être fatigué outre mesure. Le wipe-out secoue parfois un peu mais il est généralement sans conséquences, sauf rencontre avec le fond de l'eau sur des vagues de bord ou certains récifs affleurants.

Dans les vagues hors-norme de type "surf de gros", telles que Nazaret, le wipe-out devient en outre un évènement accidentel dont les conséquences peuvent être funestes, puisque ce sont là des tonnes d'eau qui s'écrasent sur le surfeur.

Ainsi, il existe les petits wipe-out, dont on s'amuse le soir au coin du feu, car ils sont anodins ; et les gros wipe-out des surfeurs experts, lorsque ces derniers repoussant leurs limites se confrontent à des éléments déchaînés.

Le wipe-out n'est généralement pas volontaire. Voici quelques types de wipe-out :

Un late take-off peut se solder par un wipe-out lorsque le surfeur, en retard sur le déferlement de la vague, celle-ci étant alors devenue trop creuse, tombe dans le vide et enfourne l'avant de sa planche dans l'eau lorsqu'il atteint le bas de la vague, ce qui occasionne une chute instantanée. Un surfeur expert pourra néanmoins se sortir de cette phase critique avec panache.

Parfois, le retard du surfeur et la puissance de la vague sont tels que la lèvre de la vague le propulse dans le vide, occasionnant une chute encore plus percutante que pour le late take-off. En effet, le surfeur atteint alors la surface de l'eau en même temps que la lèvre de la vague, celle-ci concentrant toute sa puissance en ce point précis.

On parle aussi de wipe-out lorsque le surfeur est frappé par la lèvre de la vague alors qu'il est en train de la longer. Si les accidents sont somme toute assez rares, les wipe out ont un caractère spectaculaire dans les grosses vagues, en témoignent les nombreuses vidéos et compilations de ces crashs aquatiques !



Conseils pour la sécurité du pratiquant :


Comme dans les autres sports, il y a des manières de chuter sans se faire mal : le surf est moins accidentogène que le skateboard car on se fait évidemment moins mal en tombant dans l'eau que sur du béton.

Toutefois, la vague traverse des zones du banc de sable ou du récif, à hauteurs d'eau variables. Le surfeur ne plonge donc jamais à la verticale, tête en bas, pour ne pas heurter le fond ; son angle de pénétration dans l'eau n'est pas trop aigu. Par ailleurs, les bras entrent dans l'eau en premier, ce qui protège la tête, les cervicales mais également les tympans (en effet, un plat de l'oreille à la surface de l'eau, par grande vitesse, peut endommager les tympans).

Le surfeur évite d'arriver en bas de vague accroché à sa planche, ce qui lui évitera de basculer pieds par dessus tête. La chute sera moins violente avec les pieds déjà posés sur la planche, et ce faisant, il minimisera les risques de rencontre avec celle-ci.

Dans la machine à laver, se mettre en boule et se relâcher, plutôt que se contracter. Aucun risque de se noyer dans des vagues de taille standard, le temps passé sous l'eau est extrêmement court, la flottabilité de la combinaison et de la planche font que le surfeur remonte tout seul à la surface de l'eau. Il va sans dire que le débutant doit repousser ses limites graduellement, surtout s'il manque de condition physique et qu'un moniteur de surf pédagogue lui permettra de ne pas brûler les étapes. Mais seul le surf de gros nécessite de véritables capacités d'apnéiste et des qualités d'athlète.